Chèvre Anglo-Nubienne

La chèvre Anglo-Nubienne a été créée en Grande-Bretagne il y a plus de 150 ans. Elle résulte du croisement de chèvres communes anglaises et de chèvres venues d’Inde et d’Afrique. En effet les bateaux anglais rentrant des colonies transportaient des chèvres pour leur approvisionnement en lait frais. A Londres, les éleveurs se rendaient sur les quais où ils achetaient ces animaux au type si curieux. Dans les premiers concours où elles furent présentées en 1875, ces chèvres portaient le nom d’Anglo-indiennes. Le nom d’Anglo-Nubienne ne leur fut donné qu’en 1893. C’est à cette date que remonte la création du herd-book de la race. A cette époque tous les animaux étaient loin d’être parfaits en type, mais ils ont constitué un terreau de sélection que les éleveurs anglais ont su remarquablement faire fructifier. La race naissante connue un très grand succès auprès des éleveurs et les premiers troupeaux sélectionnés firent de nombreuses apparitions dans les concours de chèvres, toujours très en vogue de nos jours au Royaume Uni.

Le côté « Nubien » provient de chèvres originaires d’Egypte (Zaraibi) croisées avec des chèvres élevées par les nomades bédouins mais également de chèvres indiennes (Jumnapari et Chitral). Toujours est-il que les ancêtres de l’Anglo-Nubienne possèdent toutes un profil busqué et de longues oreilles tombantes. Les Zaraibi sont pour la plupart mottes alors que les Jumna Pari sont le plus souvent cornues. Toutes les couleurs de robe se retrouvent dans ces origines bien que le rouge, le noir et le marbré prédominent. Les deux types sont des animaux de grande taille, sélectionnés pour la production laitière dans leur pays d’origine.


4 boucs importés dont deux d’Inde ont profondément marqué la création de l’Anglo-Nubienne : 

  • Sedgemere Chancellor (Jumnapari) cornu, importé en 1896.
  • Sedgemere Sangar (Zaraibi) cornu, importé en 1901.
  • Bricket Cross (Chitral) cornu, importé en 1904.
  • Bricket Zoo, de type Nubien, motte, importé en 1904 de France (Jardin d’Acclimatation de Paris).

Troupeau Juma Pari en Inde


Sedgemere Chancellor


Bricket Cross


C’est sans aucun doute Sedgemere Chancellor, un splendide bouc pie, acquis en 1896 par Mr Woodiwiss et toute sa descendance qui ont le plus marqué l’Anglo-Nubienne. Bricket Cross, mâle Chitral, importé en 1904 a également contribué à fixer les caractères de la race. Sur les photos ci-contre on peut noter la différence de conformation de chacun de ces boucs contribuant aujourd’hui encore à une certaine diversité de types chez l’Anglo-Nubienne.

Ces 4 boucs furent largement utilisés par les éleveurs pour stabiliser le type de la race. Bricket Cross laissa 72 descendants inscrits dans le herd-book et Sedgemere Chancellor 29. L’Anglo-Nubienne devint dès lors la race favorite des anglais mais ce n’est qu’en 1910 qu’une section spéciale leur fut attribuée dans le herd-book général. C’est ainsi que le livre généalogique fut ouvert avec 459 chèvres constituant la base de sélection pour le futur. Ces chèvres devaient obligatoirement descendre d’un ou de plusieurs des 4 boucs initialement importés.

Les premiers sélectionneurs furent confrontés à deux défis : Le premier, produire autant de lait que les races très laitières importées alors de Suisse. Et le deuxième, maintenir un pool génétique suffisant pour renouveler la population. La guerre de 1914-18 favorisa l’explosion de l’élevage caprin au Royaume Uni et par la même de l’Anglo-Nubienne dont le cheptel augmenta considérablement. Après guerre la race subit un désintérêt important. Son renouveau quelques années plus tard fut lié en grande partie au travail de sélection de Miss K. Pelly qui améliora considérablement le potentiel laitier. En 1928 devant l’impossibilité d’importer de nouveaux animaux pour limiter la consanguinité de la population, il fut décidé d’ouvrir une section probatoire dans le livre généalogique aux animaux possédant le type Anglo-Nubien et ayant au moins 3 grands-parents sur 4 inscrits dans le herd-book. Ceci permis d’introduire un sang nouveau par la voie grand parentale. L’introduction de génétique suisse améliora encore les performances laitières de l’Anglo-Nubienne.

En 1933 Malpas Magniola, une championne de l’époque, produisit 1569 kg en une lactation. En 1936 c’est Butterwort of Coltishall qui fut la meilleure Anglo-Nubienne de l’année en produisant 1429 kg. Dans ces années glorieuses plusieurs éleveuses développèrent des lignées originales et très productives dans différentes régions d’Angleterre. Du fait de ses origines variées, l’Anglo-Nubienne reste une race conservant une certaine hétérogénéité dans le type et le gabarit. Un taux butyreux très élevé est cependant une caractéristique forte de cette race. Certaines chèvres ont des TB atteignant 90 g ! Dans les années récentes, les meilleures laitières dépassent les 1500 kg de lait tout en conservant des taux élevés. Il n’y a pas de schéma de sélection en Angleterre. L’amélioration génétique est uniquement due au travail de sélection des éleveurs, simples particuliers pour la grande majorité, qui utilisent les résultats des concours de production pour choisir les meilleurs reproducteurs. La taille réduite des troupeaux ne facilite pas les choses mais les résultats sont là !


Quelques lactations des meilleures Anglo-Nubiennes anglaises :


Les Anglo-Nubiennes ont également la particularité de pouvoir être conduites en lactations longues comme l’illustrent les résultats suivants :


L’Anglo-Nubienne supporte des conditions climatiques variées avec une très bonne adaptation aux climats chauds et tropicaux. On la retrouve dispersée dans le monde entier (USA, Canada, Brésil, Australie) où elle est l’une des races caprines les mieux représentées. Très rare en France, elle est présente en Belgique, Allemagne et Hollande, pays où l’association nationale est particulièrement dynamique. Actuellement elle se développe en Espagne. La demande est également importante pour les Antilles où l’Anglo-Nubienne est utilisée pure et en croisement pour la production de cabris de consommation.

Ces chèvres d’une grande élégance, sont caractérisées par leur port altier, leur profil busqué et leurs très longues oreilles tombantes.

L’Anglo-Nubienne est une race de grand format, les boucs peuvent atteindre 140 kg et les chèvres 110 kg. Sa robe présente de nombreux coloris, depuis des patrons unis de blanc à noir et de multiples combinaisons de différentes couleurs sur des robes pie ou marbrées. Les cornes sont généralement courtes et recourbées vers l’arrière. Certains animaux sont mottes. La mamelle est haute et globuleuse avec de petits trayons. La vitesse de traite mécanique est excellente. Les chevrettes sont fertiles dès l’âge de 6 mois et la prolificité moyenne est de 250 %. Il existe des souches très prolifiques qui donnent régulièrement naissance à des quadruplets et des quintuplés. Contrairement aux races françaises l’Anglo-Nubienne est capable de se reproduire tout au long de l’année et de ce fait de produire en contre saison sans aucun traitement particulier.

Anglo-nubienne type



Les boucs Anglo-Nubiens, très ardents, sont utilisés avec succès pour la production de femelles F1 laitières sur les races Alpines et Saanen. Ces F1 sont caractérisées par une amélioration nette des taux en comparaison de leur mère de race pure.

L’Anglo-Nubienne est une race tardive dont les performances s’améliorent avec l’âge. Les chèvres peuvent se reproduire et produire correctement jusqu’à l’âge de 12 ans. De telles performances nécessitent bien sûr que les animaux soient convenablement alimentés eu égard à leur niveau de production.

En Angleterre, les Anglo-Nubiennes sont détenues dans des petits troupeaux de famille ne comptant que quelques individus. C’est la raison pour laquelle il est extrêmement difficile d’acquérir des lots de chevrettes, qui plus est, issues de troupeaux apportant les garanties sanitaires nécessaires à l’exportation vers la France. Les meilleures lignées actuelles sont issues des élevages WAYWARD, POPLARTIME, MONACH, HOLDBROOK, IVANS, MINESHOP, TYEGRONON, ABBOTSWELL et PATRICAKEN pour ne citer que les plus connus.


Aujourd’hui en France, le moyen le plus efficace de créer un troupeau d’Anglo-Nubiennes est de passer par le croisement d’absorption en utilisant des boucs de race pure. A partir de la troisième génération les animaux sont déjà bien typés et en cinquième génération ils sont considérés comme purs.

Compte tenu de leur mode d’élevage de type familial et de leur proximité avec les humains, les Anglo-Nubiennes sont mal adaptées aux grands troupeaux laitiers. Ainsi que le démontre l’expérience hollandaise, elles se révèlent moins productives dans ces conditions qui semblent les stresser. L’utilisation de F1 Nubienne x Alpine ou Nubienne x Saanen donne par contre de très bons résultats. Ces animaux sont d’ailleurs très appréciés des éleveurs fromagers français.

Les Anglo-Nubiennes sont des chèvres familières et sociables. Elles ont un tempérament particulièrement calme. Il n’est donc pas nécessaire de les écorner.

Le troupeau est soigné par homéopathie et mes animaux ne sont plus déparasités depuis des années.

La sélection porte sur la morphologie avec le choix de gabarits très développés et de mamelles fonctionnelles et bien équilibrées. La prolificité, qui est en lien direct avec la production laitière, est également un critère de base dans le choix des boucs et des chevrettes. Une attention particulière est enfin portée sur la docilité des animaux et la rusticité, gage de longévité.

Compte tenu de leur qualité mes reproducteurs Anglo-Nubiens se retrouvent en France bien sûr mais aussi en Europe (Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Russie) dans les DOM TOM (Guadeloupe, Martinique, Réunion) et en Afrique (Nigéria, Mali).

Néanmoins j’ai cessé de faire de l’exportation en raison de la lourdeur des procédures administratives.

Mise bas au Hogan des Vents (21 février 2018)


Mise bas en cours chez mes chèvres Anglo-Nubiennes


Suite de la mise chez mes chèvres Anglo-Nubiennes : premier chevreau


Premier contact entre bébé et maman. Là où le lien se crée. La chèvre ne laissera pas téter d'autres chevreaux que le sien !


C'est tout petit mais ça cause déjà bien avec sa maman.


Et voilà l'arrivée du deuxième chevreau.

Naissance d'un chevreau au Hogan des Vents (20 novembre 2017)


Euh je crois que les chevreaux du printemps sont un peu en avance !!!


L'excellent travail de mes chiens de protection, respectueux des nouveaux nés et de leurs mères.


J+8 : Petit chevreau va bien.

Album photos